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JOURNÉE DES DROITS DES FEMMES : LA «TAXE ROSE», VRAI SCANDALE OU FAUSSE ALERTE ? sur 20MINUTES

Par : Oihana Gabriel

La «taxe rose», une balle à blanc ? En novembre, le collectif Georgette Sand lançait l’alerte : des produits et services de même qualité affichent un prix supérieur pour les femmes. Un scandale baptisé «taxe rose» et qui semble, depuis, s’être dégonflé. En quatre mois, la pétition de Georgette Sand a recueilli plus de 46.000 signatures, une enquête a été lancée par Bercy sur change.org… sans grand résultat.

Une taxe impossible à mesurer ?

Fin février, une agence de data journalisme remet en cause cette woman tax  (taxe concernant uniquement les femmes) dans une enquête nuancée. Soulignant que si certains produits pour femmes sont plus onéreux «les fabricants proposent davantage de produits d’entrée de gamme pour femme que pour homme». Et de conclure : «La réalité est bien trop complexe pour pouvoir affirmer qu’une woman tax existe, moins encore la mesurer.»

Du côté du collectif féministe (et mixte !), on reconnaît que le sujet mérite des études plus poussées. «C’est très compliqué de mesurer cette «taxe rose», admet Estelle Garnier, membre de Georgette Sand. Mais on sait que le marketing genré existe et qu’il encourage les consommateurs, femmes et hommes, à acheter plus. Une différenciation encore plus criante pour les enfants : une femme utilise le rasoir pour homme mais la poupée rose de la grande sœur ne passe pas au petit frère… On souhaite mener une enquête sérieuse et vaste pour laquelle on cherche des financements. Les femmes reçoivent la double peine: elles touchent des salaires plus faibles et leur consommation est plus taxée.»

Côté politique, pas de réponse tranchée. Bercy a confié dès novembre une enquête à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) sur cette «taxe rose». Si une première ébauche tend à nier son existence, Bercy poursuit son étude pour mesurer plus efficacement cette éventuelle inégalité. Au risque d’échouer : «Si cette « taxe rose » s’avère invérifiable, on espère que le politique pèsera pour que l’égalité salariale soit mieux respectée», reprend Estelle Garnier.

«Les clichés s’appliquent aux hommes aussi»

Pour certains, le buzz était tiré par les cheveux. Pour Nathalie Damery, présidente de l’Observatoire société et consommation (ObSoCo), «aujourd’hui on est dans un commerce de précision, très ciblé mais pas seulement par rapport aux genres mais selon l’âge, les préoccupations environnementales… Le consommateur est libre de choisir.»

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