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L'observatoire société et consommation

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LES CONSOMMATIONS ÉMERGENTES SUR LA VOIE DE LA MATURITÉ sur LESECHOS.FR

Plus de 60 {c954e6686e20b1dc91f7dac6401c0eb30f86a9660b1d493b067f3ff41928732d} des Français sont significativement engagés dans des actions allant de l’achat direct au producteur à la vente de produits d’occasion en passant par le covoiturage, selon l’Observatoire des pratiques de consommation émergentes de l’ObSoCo. La croissance passe cependant plus par l’intensification des expériences que par le recrutement de nouveaux adeptes.

Les modes de consommation émergents sont entrés dans les mœurs. Sous l’effet conjugué des problèmes de pouvoir d’achat, de la nouvelle donne technologique mais aussi de l’envie de s’impliquer différemment. L’accroissement du fait maison, l’achat de produits bio ou issus du commerce équitable tout comme celui fait directement auprès des producteurs se situent en tête des 21 actions étudiées par l’édition 2015 de l’Observatoire des pratiques de consommation émergentes de l’ObSoCo. Les Français ont aussi été majoritairement enclins à acheter ou vendre d’occasion au cours des douze derniers mois. L’emprunt de produits ou le glanage d’objets laissés dans la rue sont, en outre, devenus fréquents. Quant au covoiturage, une personne sur cinq s’y est adonné, que ce soit de façon informelle ou payante. A peine moins a goûté au charme d’être hébergé chez un particulier. Et 14 {c954e6686e20b1dc91f7dac6401c0eb30f86a9660b1d493b067f3ff41928732d} de la population s’est déjà laissé tenter par le « crowdfunding ». En revanche, donner à louer sa voiture ou adhérer à un SEL (système d’échange local) restent des comportements marginaux.

De bons niveaux de satisfaction

Mais l’une des surprises de l’édition 2015 de l’Observatoire, c’est que, dans leur ensemble, le taux de pénétration de ces différentes attitudes progressent peu par rapport à il y a deux ans. « Ces pratiques deviennent matures. La croissance se fait plus par leur intensification que par le recrutement de nouveaux adeptes », constate Philippe Moati, cofondateur de l’ObSoCo. Il estime que le potentiel de progression passe par la satisfaction qu’expriment globalement ceux qui sont déjà usagers. Le covoiturage arrive en tête des bonnes opinions, côté passager comme côté conducteur. Le dynamisme de l’offre verra aussi peut être naître de nouvelles pratiques. Et le professeur d’économie se demande si un fort regain de pouvoir d’achat serait susceptible de faire reculer les habitudes émergentes prises par le grand public.

La nature de l’offre, notamment collaborative, jouera aussi un rôle majeur. Si de nouveaux acteurs comme BlaBlaCar se sont développés, les acteurs traditionnels ont commencé à réagir. « L’une des réponses est de vendre la solution à un besoin au-delà du produit », relève Philippe Moati. D’émergentes, ces consommations sont en train de dessiner de nouvelles normes.