Ce retrait n’est pas un désamour. C’est un déplacement. Quand ils disposent d’une marge (une rentrée d’argent inattendue équivalant à un mois de salaire), ils privilégient d’abord l’épargne, puis les vacances, les voyages, les sorties. L’équipement, l’électronique, le meuble arrivent loin derrière. L’argent disponible ne va plus vers l’objet, mais vers ce qu’on va vivre.
La fameuse « expérience », donc. Le mot est partout chez les professionnels du commerce, souvent brandi pour opposer le magasin physique — lieu de sensations, de rencontres — au froid tunnel d’achat en ligne. Mais que mettent vraiment les Français derrière ce terme ?
D’abord, le fait de pouvoir toucher, manipuler, essayer. Puis la sortie en elle-même (« se déplacer, sortir de chez soi »). 63 % ont participé à un événement lié à la consommation en 2025 : foire, marché, dégustation… et ont apprécié ! Leurs motivations ? Faire une balade, passer un moment en famille ou entre amis, découvrir des produits du terroir. Ce qui rend un achat « extraordinaire » ? La qualité, certes. Mais aussi l’histoire derrière le produit, et la rencontre humaine qu’il occasionne.
Rien de spectaculaire dans tout cela. Pas de mise en scène.
Juste des gestes simples : sortir, toucher, goûter, échanger. Et peut-être aussi : donner du sens. Car les Français associent massivement la consommation à un engagement — soutenir l’économie locale, les producteurs, le made in France. Un engagement qui ne reste pas déclaratif : 35 % indiquent avoir déjà renoncé à un achat faute de trouver une option française satisfaisante.
L’expérience, au fond, c’est peut-être cela : non plus seulement acquérir, mais choisir. Et parfois s’abstenir.
Source : Baromètre de la consommation des Français, réalisé par L’ObSoCo pour Foire de Paris