Premier constat, la restauration attire de nombreux profils en reconversion. Parmi les néo-restaurateurs (restaurateurs ayant ouvert leur restaurant il y a moins de 3 ans), 73% ne sont pas issus du secteur. Ils arrivent des loisirs et de l’hôtellerie, du secteur public ou encore des médias et de la communication, et transforment en profondeur les modèles traditionnels. Plus hybrides, ils combinent davantage les sources de revenus, développent la vente à emporter et la livraison, et mobilisent massivement les réseaux sociaux pour gagner en visibilité.
Mais néo ou non, l’étude révèle surtout un rapport au travail qui tranche nettement avec celui de la majorité des Français. Là où le travail est d’abord perçu comme un « gagne-pain », les restaurateurs évoquent avant tout l’épanouissement personnel (66% d’entre eux), la passion et le plaisir. L’indépendance arrive en tête des motivations à lancer son affaire, loin devant la rémunération.
Toutefois, l’envers du décor est exigeant. Une majorité des restaurateurs déclarent souffrir de stress et d’anxiété, sous l’effet combiné du poids administratif et du coût des matières premières. En conséquence de quoi, 43% d’entre eux ont envisagé d’arrêter leur activité au cours des 12 derniers mois.
Et pourtant, la résilience domine : plus de 8 entrepreneurs food sur 10 se disent satisfaits de leur activité et autant affirment qu’ils referaient le même choix si c’était à refaire. Une détermination qui s’appuie d’abord sur la passion du métier et le lien social avec la clientèle.
L’étude met finalement en évidence un paradoxe important, si les restaurateurs se sentent globalement reconnus, il se disent aussi insuffisamment soutenus. Face aux difficultés, ils se tournent d’abord vers leurs proches et leurs pairs, bien plus que vers les réseaux professionnels ou les experts. Des données qui trahissent la nécessité pour l’écosystème privé comme public de se structurer pour offrir aux restaurateurs un accompagnement leur permettant de mieux se former et de ne plus naviguer à vue, de maintenir cette passion en leur donnant de vrais moyens de pérenniser leur métier.
Source : L’entrepreneuriat Food, réalisé par L’ObSoCo pour Service Compris