L’épargne, filet de sécurité face à l’imprévu
La montée des incertitudes (guerres et conflits géopolitiques, instabilité politique nationale) rend de fait plus difficiles les projections dans l’avenir, et renforce le poids de l’épargne dans les représentations du bien-être financier. Ainsi, la part des Français qui y associent le fait de pouvoir mettre de l’argent de côté tous les mois remonte à 44 % (contre 38 % en 2025), le fait de ne jamais être à découvert passe de 52 % à 57 %. À l’inverse, les dimensions liées à la consommation immédiate (pouvoir acheter sans regarder les prix) restent stables à 28 %. L’horizon des préoccupations financières s’est donc élargi du présent immédiat vers un avenir que 43 % des Français anticipent comme dégradé (+3 points).
Une aspiration qui se heurte à la réalité
Le bien-être financier semble ainsi devoir se déplacer d’une logique de « pouvoir vivre » (couvrir ses besoins, gérer le quotidien) vers une logique de « pouvoir se protéger » : épargner, anticiper, se constituer une réserve. Un déplacement lourd de sens, car cette aspiration se heurte à la réalité d’une majorité de ménages qui n’y parviennent pas. Ainsi, alors que 82% des Français associent le bien-être financier à la capacité à mettre de l’argent de côté tous les mois, seuls 46 % y parviennent effectivement. De plus, le montant idéal d’épargne pour se sentir serein est estimé en moyenne à 466 € mensuels, soit près du triple des 170 € effectivement épargnés par ceux qui y arrivent.
Épargner davantage : d’abord une question de moyens
Interrogés sur ce qui leur permettrait d’épargner davantage, les Français sont sans ambiguïté : les leviers structurels dominent très largement. Une augmentation des revenus arrive en tête (48 %), devant une baisse des dépenses contraintes (loyer, énergie, charges) et une plus grande stabilité des prix (33 %). La rémunération de l’épargne et les outils de gestion budgétaire ne sont cités qu’à hauteur de 11 % et 4 % respectivement.
Idées reçues et méconnaissance des produits : l’autre obstacle
À ces freins structurels s’en ajoutent d’autres, liés cette fois aux représentations. 58 % des Français estiment que l’épargne est avant tout réservée à ceux qui ont déjà les moyens, et 42 % considèrent qu’épargner revient à se priver aujourd’hui pour un bénéfice incertain demain. Des perceptions plus répandues chez ceux qui sont déjà en difficulté financière. Autre frein relevé dans l’enquête : la méconnaissance des produits d’épargne disponibles. Si 89 % des Français connaissent le Livret A, la familiarité chute rapidement dès que l’on sort des placements les plus courants : 55 % s’agissant du Plan d’épargne retraite, 41 % des actions, à peine 12 % des ETF. Au global, plus d’un Français sur cinq témoigne d’une connaissance très faible de l’ensemble des produits financiers testés dans l’enquête.
Dans un contexte où l’épargne devient centrale mais les connaissances financières restent limitées, les Français semblent de plus en plus en quête d’accompagnement. Près d’un sur deux considère désormais sa banque comme un acteur pouvant l’aider à mieux gérer son budget ou ses placements, une perception en forte progression en un an (+16 points).
Alors que la semaine de l’éducation financière se termine, ce baromètre permet d’entrevoir certaines lacunes à combler.
Source :
Baromètre du bien-être financier, Vague 3, L’ObSoCo pour BForBank