Transition environnementale et sociale en entreprise : comment soutenir ceux qui y croient ?

Ils ne sont que 17 %. Mais dans une entreprise, 17 % de salariés réellement engagés dans la transition environnementale et sociétale, c’est une ressource précieuse… et fragile. On vous en parlait ici il y a deux semaines, la Chaire Impact Positif d’Audencia publie une nouvelle étude réalisée en partenariat avec L’ObSoCo auprès de 1 090 actifs. Elle permet de dresser le portrait de ces engagés et de comprendre ce dont ils ont besoin pour continuer, voire entraîner les autres avec eux.

Qui sont-ils ?
Les engagés sont plus souvent jeunes : 25 % des 18-24 ans se déclarent engagés en faveur de la transition écologique et sociale de leur entreprise, contre 12 % des 45-54 ans. Ce sont aussi davantage des cadres managers (29 %) que des non-cadres (14 %). Ils travaillent plus fréquemment dans de grandes entreprises, où les démarches RSE sont plus formalisées et l’accompagnement plus structuré. Surtout, ils se distinguent par leur rapport aux transitions : ils perçoivent davantage les changements à venir, et y voient plus souvent une opportunité qu’une contrainte. Ce n’est pas un hasard : c’est précisément parce qu’ils connaissent mieux les enjeux qu’ils s’engagent. La connaissance précède l’action.

Ce qu’ils attendent
Contrairement aux salariés sensibilisés qui ont besoin d’outils et de formation pour passer à l’acte, les engagés attendent surtout que leur implication soit reconnue et valorisée. Une reconnaissance financière (25%) mais pas seulement. La mise en valeur de leurs actions au sein de l’entreprise (24%) et la reconnaissance des compétences développées (18%) ou encore l’intégration de la RSE dans leurs objectifs professionnels (21%) pèsent également. Des signaux concrets que leur engagement compte, qu’il est vu et valorisé en actes, pas seulement encouragé en paroles.
Faute de reconnaissance, ces salariés risquent de s’essouffler, voire de basculer dans une forme de « fatigue écologique » : un désengagement progressif, né non pas d’un manque de convictions, mais d’un sentiment d’inutilité ou d’isolement.

Un potentiel d’entraînement réel
Faut-il pour autant se résigner à ce que la transition reste portée par une minorité ? Pas nécessairement. L’histoire sociale montre que des minorités motivées peuvent transformer les pratiques collectives, à condition d’atteindre un seuil critique de visibilité et d’influence. Or, 38 % des salariés se déclarent sensibilisés mais encore inactifs, une réserve considérable, prête à être mobilisée. Quand les engagés gagnent en visibilité et en légitimité dans leur organisation, ils peuvent constituer le point de bascule qui fait passer les hésitants à l’action.
Reconnaître ceux qui font. Outiller ceux qui veulent faire. Et créer dans l’entreprise un récit commun qui donne à chacun une place dans la transformation. C’est à cette condition que les 17 % d’aujourd’hui peuvent devenir le socle d’une dynamique durable.

Source :

Engager les équipes dans la stratégie RSE, L’ObSoCo pour Chaire Impact Positif, Audencia