Que se souhaiter pour 2026 ?

Les débuts d’année invitent aux bilans et aux vœux. Quel regard les Français portent-ils sur 2025, et comment se projettent-ils dans 2026 ? Nous leur avons posé la question de façon totalement ouverte…

Un bilan 2025 sévère pour le pays, plus nuancé sur le plan personnel
Sans surprise, les sentiments négatifs dominent. À la question « Sur une échelle de 0 à 10, comment jugez-vous l’année 2025 pour la France ? », 22 % des Français ont donné… 0. Au total, 75 % évaluent l’année très négativement (note ≤ 4), et seuls 4 % lui accordent une note supérieure ou égale à 7.
Le bilan personnel est plus clément : 32 % des Français jugent leur année 2025 positive – un écart significatif avec le regard porté sur le pays, qui révèle la dissociation persistante – et très française – entre pessimisme collectif et évaluation moins sombre de sa propre situation.

2026 : des perspectives prudentes
Les anticipations pour 2026 suivent la même logique. Près de 7 Français sur 10 s’attendent à une année difficile pour la France, et seuls 6 % estiment qu’elle sera bonne. Sur le plan personnel, les perspectives diffèrent peu du bilan 2025 : la part des très pessimistes est certes légèrement en retrait (de 4 points), mais celle des optimistes n’en est pas pour autant plus importante (33 %).

Pour la France : une demande de rupture
Les vœux spontanés pour le pays reflètent ce regard critique. Le changement politique domine (27 % des citations) faisant écho aux “Priorités françaises” que nous publiions avec le CEVIPOF en fin d’année : démission du président, renouvellement gouvernemental, nouvelles élections. Cette aspiration s’accompagne également d’un souhait d’amélioration de la situation économique et du pouvoir d’achat (19%) :  hausse des salaires, baisse des taxes, maîtrise de l’inflation.
Sécurité et paix occupent en outre une place centrale (et encore l’enquête a-t-elle été réalisée toute fin décembre donc avant l’intervention états-unienne au Vénézuéla) : éviter la guerre, renforcer la sécurité intérieure. Paradoxe apparent : la demande de rupture politique coexiste donc avec un profond besoin de stabilité et de cohésion (17% des citations). Comme si le changement de têtes était perçu comme la condition d’un apaisement enfin possible. Au-delà des thématiques, une exigence revient, lancinante : que les dirigeants écoutent davantage et se préoccupent des Français plutôt que de leurs propres intérêts.

Sur le plan personnel : des vœux modestes mais essentiels
Les vœux individuels frappent par leur sobriété. La santé arrive largement en tête (21 %), suivie de l’argent (12%) – avec des demandes loin d’être extravagantes : « pouvoir finir le mois », « partir en vacances », « mettre de côté ». La paix dans le monde recueille 10 % des vœux, signe que l’inquiétude géopolitique déborde dans la sphère personnelle.
Le travail (9 %) exprime une quête de stabilité et de reconnaissance : « trouver un emploi stable », « un travail qui me plaît vraiment ». La sérénité et l’épanouissement (6 %) révèlent un besoin de bien-être dans un contexte anxiogène.
Fait notable : 9 % des répondants ne formulent aucun vœu – chiffre qui interroge, sans qu’on puisse trancher entre résignation, prudence ou simple difficulté à se projeter.

Un contraste révélateur
Cette modestie des vœux personnels contraste, on le voit, avec la radicalité des demandes politiques. Comme si les Français, lucides sur les blocages collectifs, choisissaient de préserver ce qui dépend encore d’eux.
Mais cette sobriété n’est pas que repli. Elle porte une ambition intacte : celle d’une vie digne, de liens préservés, d’un avenir moins incertain. Et peut-être une forme de sagesse : savoir distinguer ce que l’on peut changer de ce qu’on doit accepter, tout en continuant d’espérer.
C’est cela, finalement, que l’on peut peut-être se souhaiter pour 2026 : la lucidité qui protège, et l’espérance qui fait avancer.

 

Très belle année à tous !