Concrètement, le sentiment de restriction sur les dépenses essentielles recule à 25 % (pour 32 % fin 2023), celui sur l’alimentation se stabilise à 5,3/10 après avoir culminé à 5,8/10 au pic inflationniste. Pourtant, l’indice de désir de consommation stagne à 5,3/10, un niveau historiquement bas observé tout au long de 2025. Ce qui frappe, c’est l’homogénéité du phénomène : CSP+ comme CSP-, tous semblent s’installer dans une forme d’atonie consumériste.
Côté intentions d’achat, le constat se confirme. Si 71 % déclarent avoir un projet, le nombre moyen de catégories envisagées tombe à 3,7 (pour 4,3 début 2024), et les montants prévus reculent de 5 % en moyenne.
Le moral n’y est pas. 82 % des Français se déclarent pessimistes quant à l’avenir, dont près de la moitié très pessimistes — une proportion qui pèse sur les comportements.
L’amélioration budgétaire se traduit donc par un renforcement de l’épargne de précaution — qui continue de battre des records — plutôt que par un retour à la consommation. Comme un réflexe face à l’incertitude. C’est indéniable, mais on peut aussi y voir le signe que l’offre actuelle ne fait tout simplement plus envie.
Alors que deux générations se sont construites dans l’idée que consommer (et accumuler), c’était aussi se réaliser, cette équation semble aujourd’hui s’affaiblir. S’y ajoute pour certains une aspiration plus frugale, nourrie par les inquiétudes environnementales : consommer moins, moins mais mieux ou simplement autrement. Vêtements, décoration, ameublement : tous les secteurs décrochent. Seuls les voyages résistent — signe peut-être d’un déplacement de la valeur, de l’accumulation d’objets vers l’expérience.
Face à cette société en panne de désir, les stratégies classiques de stimulation de la demande risquent de se heurter à un mur d’indifférence. L’enjeu pour les acteurs de l’offre ? Redonner aux Français « l’envie d’avoir envie » que chantait Johnny Hallyday…
Source : L’ObSoCo, Baromètre des Intentions et du Pouvoir d’achat, Janvier 2026