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LA RÉGRESSION, C’EST BIEN OU C’EST MAL ? sur LSA

Plonger son doigt dans un pot de Nutella, commencer – et finir – le paquet de fraises Tagada, se délecter de l’odeur de l’illustre pot de colle Cléopâ­tre, rouler en trottinette, s’habiller en 12 ans Petit Bateau, organiser des soirées pyjama…Régressif ? Assurément. « Mais qu’il est bon parfois de retomber en enfance ! », clament de plus en plus d’adultes.

« Ces pratiques sont liées au bouleversement des générations. Avant mai 68, la valeur centrale, c’était l’adulte. Aujour­d’hui le centre de gravité a bougé, c’est la jeunesse qui fait référence. L’adulte se plaît à aller puiser les moments heureux de son enfance, à aller chercher sa petite madeleine de Proust pour mieux affronter les éléments de défiance propres à notre société moderne », analyse Nathalie Damery, présidente de l’ObSoCo qui a relevé cette tendance parmi bien d’autres dans le cadre d’une étude sur les Français et la gastronomie, réalisée à l’occasion de la prochaine Foire de Paris, qui se tiendra du 29 avril au 10 mai à Paris Expo, porte de Versailles.

Car, derrière ces comportements, se cachent naturellement des motivations d’ordre psychologique. «Cela relève à la fois du domaine de la résilience – je répare des choses –, de la “rassurance” – je me réconforte dans ce que je connais – et de la « reliance” par rapport à ma famille, à mon milieu », poursuit Nathalie Dammery. Une dimension sur laquelle surfent les marques, distributeurs (Nature & Découvertes, Khiel’s, La Cure gourmande…) comme industriels (Werters, Cléopâtre…), en jouant la carte du marketing de la nostalgie et du vintage. Odeur, goût, image, forme, son… Les 5 sens sont sollicités. Et ça marche ! « Signe d’immaturité des consommateurs ! Logique purement mercantile », clameront certains. « La régression se vit dans une valeur positive, c’est bon pour soi mais, bien sûr, c’est bon aussi pour le business », conclut Nathalie Damery. 

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